4ème de couverture

Note de l'éditeur

Après Le parcours de Camille Roux et Carnets d'Allemagne 1919-1920, les précédents récits documentaires autour de la Grande Guerre, La guerre de Louise 1914-1921 nous entraîne cette fois dans un des recoins les plus sombres de cette période : la déportation de civils en 1914.

Le projet de Sylvie Arnoux ne pouvait que nous interpeller. Tout d'abord par le sujet : le parcours de femmes et d'enfants.Ensuite, par le défi. Comment articuler ces histoires intimes au grand récit de la Première Guerre mondiale ? Même inédits, ces témoignages semblent bien modestes au regard de l'Histoire et de la Politique.

Le désir de raconter la Grande Guerre en dehors de ses aspects purement militaires est aujourd'hui largement partagé. C'est ce qui nous conduit à la publication de ce livre.  La Der des Ders qui, dans la conscience de générations de Français s'était arrêtée avec l'Armistice, est désormais étudiée sous une multitude d'angles. À travers des sujets comme l'histoire des femmes au travail, des familles, des couples, ou de la reconstruction des régions dévastées, on découvre aujourd'hui les multiples conséquences de ce conflit mondial, au-delà de la date du 11 novembre 1918. Et c'est bien grâce aux travaux de chercheurs comme Annette Becker que des pans oubliés de l'Histoire, comme les déportations, sont mis aujourd'hui en lumière.

 

UN RÉCIT DOCUMENTAIRE... À PLUSIEURS VOIX

Le récit de Louise Collignon, s'il est le fil conducteur de ce livre, ne rend pas compte, à lui seul, de la réalité de tous les déportés de ces villages lorrains pendant la guerre. Les parcours ont été multiples, et c'est autour de cette diversité que l'auteur a choisi d'articuler son travail.

Nous l'avons suivie. Par conséquent, si la chronologie lui a été dictée par les carnets de Louise, la présentation des histoires parallèles des autres prisonniers permet de prendre la dimension du bouleversement intervenu dans des milliers de vies. C'est ainsi que les coups de projecteur sur telle ou telle situation : les hommes jeunes, les vieillards, les militaires, les abbés, les Allemands même — qu'ils soient témoins ou acteurs — participent tous de la même démarche : rendre visible.

Pour cela, il fallait des images. À l'abondante iconographie, tant française qu'allemande collectée par Sylvie Arnoux depuis des années, se sont ajoutées des photos de terrain prises dans les pas de Louise : La Lorraine, la Bavière, la Drôme... Car effacées, ces histoires le sont tout autant dans le paysage. Si, un siècle après, les champs de bataille de la Meuse montrent toujours leurs cicatrices, dans les villages reconstruits, de nombreuses victimes civiles manquent toujours à l'appel sur les monuments aux morts.


La guerre de Louise 1914-1921- l'exposition


Préface d'Annette Becker

Quelques chroniques d'Annette Becker sur France Culture :

 

http://www.franceculture.fr/personne-annette-becker.html